la première montre suisse en plastique
C'est en 1983 que la première montre suisse en plastique vit le jour grace à son inventeur, l'industriel, manager libanais établi en Suisse, Nicolas Hayek
Le phénomène Swatch à révolutionné le marché planétaire et a également permis à la Suisse de surmonter la crise de l'industrie horlogère. La société de Nicolas Hayek, Swatch Group, a réalisé en 2006 un chiffre d'affaires record de plus de 4 milliards de francs suisses. Petite précision, Nicolas Hayek n'a jamais été horloger de métier mais c'est un remarquable manager, doué du sens des affaires.
(...)Son cœur s'est arrêté de battre le 28 juin 2010, alors qu'il travaillait au siège de son entreprise biennoise. Il avait 82 ans. La Suisse perd un entrepreneur visionnaire et un homme hors du commun.
Nicolas Georges Hayek est né le 19 février 1928 à Beyrouth, d'un père dentiste libano-américain et d'une mère libanaise, tous deux de confession grecque orthodoxe. A Beyrouth, il étudiera les mathématiques, la chimie et la physique, et y rencontrera une Suissesse, jeune fille au pair, Marianne.
Il décidera de l'épouser contre l'avis de sa famille. Selon l'un de ses biographes, Jürg Wegelin, «c'est ce désaccord qui l'a poussé à quitter le Liban, en 1949». Et à ne jamais y retourner, oubliant même jusqu'au dernier mot d'arabe. Pourtant, Nicolas Hayek va rester, jusqu'à son dernier souffle,
«cet homme du Sud, affirme Eric Othenin-Girard, rédacteur en chef du magazine Movment, et qui fut l'un de ses proches pendant trente ans.
Nicolas Hayek, savez-vous, était quelqu'un d'infiniment humain, émotif, affectif, derrière les aspects plus cassants que l'on connaissait de lui. Je l'ai vu tant de fois aller porter un bouquet de fleurs à l'un de ses salariés hospitalisé.»
Les premiers millions
A peine arrivé à Zurich, Nicolas Hayek crée une société de conseils industriels, Hayek Engineering, où il réalisera ses premiers millions, grâce à de beaux mandats avec Mercedes, Mannesman, puis avec les CFF. Grâce à ses conseils, il permettra également, dans les années 1970, de faire économiser plus de 1 milliard de francs à la Confédération en dissuadant les parlementaires de faire construire les chars Leopard en Suisse. Christoph Blocher, furieux, le traitera d'ailleurs de «gauchiste antimilitariste primaire».
Et c'est en sa qualité de consultant industriel renommé que, en 1985, il sauvera et rachètera la Société suisse de microélectronique et d'horlogerie – ancêtre du Swatch Group – en compagnie du milliardaire Stephan Schmidheiny. Chacun mettra 50 millions de francs: les banques (UBS et SBS) voulaient se débarrasser à n'importe quel prix de ce fardeau horloger auquel elles ne voyaient aucun avenir.
A 82 ans, il disait encore à ses proches «Le temps me manque. Je vais bientôt mourir. Mais j'ai encore tant de choses à faire.» (...)
Source: 24heures du 29 juin 2010