18 May, 12

Les Dents-du-Midi de Hodler n’ont pas atteint les sommets promis

les dents du midi

Le Ferdinand Hodler promis au record du tableau le plus cher de l’art suisse a été retiré de la vente hier soir à Zurich.

Déboulant dans un marché de l’art dopé aux records. Créant la surprise en revenant sur le devant de la scène un demi-siècle après avoir été vu pour la dernière fois! Annoncé «à vendre» au moment où le nom de son auteur, Ferdinand Hodler, tient l’affiche du Musée d’Orsay à Paris… Il ne restait plus qu’une seule question avant la mise aux enchères des Dents-du-Midi hier soir chez Sotheby’s à Zurich: qui allait s’offrir le Hodler le plus cher de l’histoire?

Peu après 20 heures, dans la salle des ventes, la question était pourtant tout autre: Pourquoi?

Pourquoi les enchères ne sont-elles pas montées autour de l’huile, quatrième et dernière du nom d’une série réalisée en 1916 à Champéry sur les Dents-du-Midi? «Dans la salle, les mains se sont levées, au téléphone il y a également eu des demandes. Parties à 3 millions de francs, les enchères ont ensuite stagné à 4,9 millions», détaille Frédéric Leyat, chargé de communication pour Sotheby’s. Une surprise! «Une mauvaise surprise», reprend ce dernier.

Dans pareil cas, le contrat passé entre le vendeur – un Suisse, seul détail consenti sur son identité – et la maison de vente fixe un prix de vente minimum. Entouré du sceau du secret, ce montant n’a pas été atteint, entraînant le retrait de la vente de l’œuvre.

Un Anker bat les records

Précédant dans la liste du commissaire-priseur ce fameux lot 102 – estimé entre 5 et 7 millions de francs –, Le portrait d’une jeune fille d’Albert Anker, a atteint le prix record de 1,2 million alors que le catalogue le proposait pour 300 000 à 400 000 francs. Promis au lever de rideau de la deuxième vente annuelle d’art suisse de Sotheby’s, les trente-sept œuvres du Vaudois Ernest Biéler, ressurgies d’une collection privée, ont toutes trouvé preneur pour un montant total de 2,6 millions de francs. Pile dans la cible estimée entre 2,3 et 3,2 millions de francs. «C’est dire si le marché est là et qu’il se porte toujours bien», rassure Frédéric Leyat.

Alors pourquoi? Pourquoi les Dents-du-Midi n’ont pas rejoint voire dépassé les 10,9 millions adjugés en juin pour Le Léman vu de Saint-Prex?

Le juste prix avait-il alors été atteint? «En regard de la qualité de l’œuvre, de sa provenance, du fait qu’elle ait appartenu à la même famille depuis son achat directement à Hodler, son prix n’était pas surestimé», précise Urs Lanter. Et le directeur du marché de l’art suisse chez Sotheby’s Zurich de poursuivre: «Ce qui est arrivé ce soir (ndlr: hier soir) ne remet pas en cause la santé du marché de l’art suisse. Sur l’année, nous avons vendu pour 41 millions de francs – dont 16 millions ce soir – ce qui représente le meilleur résultat jamais obtenu.»

Et maintenant?

La transaction autour des Dents-du-Midi peut tout à fait avoir lieu en coulisses. «Mais à ce moment-là, elle resterait secrète», avance Frédéric Leyat. En revanche son retour dans un catalogue de vente paraît compromis après un tel battage médiatique.

Source: http://www.24heures.ch - FLORENCE MILLIOUD HENRIQUES 28 Novembre 2007
Source image: http://www.reproarte.com/artiste/Ferdinand_Hodler/

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