18 May, 12

Histoire de Troistorrents

Histoire de Troistorrents-Morgins Bref résumé

Il y a quelques milliers d’années Troistorrents, comme toute la région, était habité par une peuplade assez clairsemée, les Ligures qui étaient apparentés aux Ibères.

Cette population était constituée de chasseurs nomades qui s’adonnait à la cueillette, à une agriculture assez primitive ainsi qu’à l’élevage du bétail. Ce peuple avait succédé aux Néolithiques bien plus primitifs.

Puis, environ presque mille ans avant Jésus-Christ, un nouveau peuple, les Celtes, venu du plateau suisse d’où ils avaient été chassés par l’invasion des Germains, envahit la région et s’y établit.

Les nouveaux venus, beaucoup plus évolués et plus nombreux que les précédents, colonisèrent tout le pays, de la plaine jusqu’aux alpages. Dans la vallée d’Illiez, une tribu celte s’installa : les Nantuates, du mot celte « nantu » signifiant à la fois torrent et vallée. Nantuate voulait donc dire : hommes de la vallée ou hommes des torrents, ou encore de la vallée des torrents.
Ils nous ont d’ailleurs légué un grand nombre de lieux d’origine celtique.

Ces Nantuates étaient une tribu apparentée aux Helvètes et aux Gaulois ; ils furent les maîtres de la vallée pendant environ un millénaire. Puis, au premier siècle avant J.-C. les armées romaines conduites par Jules César, envahirent le pays suivies par des colons romains qui s’y établirent, également à Troistorrents.

Contrairement à l’opinion généralement répandue, l’origine du nom ne vient pas 3 torrents, la commune en possède bien davantage, mais des Romains. Sans doute impressionnés par les gorges de la Tine qu’il fallait traverser pour arriver à Troistorrents, ils nommèrent ce lieu Trans Torrentium, c’est-à-dire : au-delà du torrent. Après plusieurs transformations successives, ce nom devint : Troistorrents.

 

Burgondes, Sarrasins et Huns

Vers le milieu du 5° siècle après J.-C., la vallée, comme le reste de la Suisse Romande, fut envahie par les Burgondes, une tribu germanique qui se mêla à la population autochtone. Ils fondèrent les bourgeoisies. De temps à autres cette population mêlée n’hésitait pas à attaquer et à rançonner les caravanes de marchands qui transitaient dans la plaine ou par le Pas de Morgins.

Vers 930 à 950 environ , les Sarrasins, un peuple oriental faisant partie de l’empire arabe qui avait occupé l’Espagne et le sud de la France, firent des incursions répétées dans la régions où plusieurs batailles eurent lieu. Certains s’y établirent. Après quoi les Huns (Hongrois) leurs succédèrent et semèrent la terreur dans tous le pays.

Du 10° au 18° siècle, la peste sévit dans la vallée en plusieurs vagues successives comme dans toute l’Europe. On évalue le nombre de ceux qui y succombèrent au deux tiers de la population.
A titre d’exemple, lors de la peste de 1349, 141 familles s’éteignirent à Troistorrents.

Jusque vers 1250, Troistorrents possédait une chapelle desservie par un chapelain et faisait encore partie de la paroisse de Collombey.

Après avoir fait partie du royaume de Bourgogne, puis de l’empire carolingien, la commune vécut en paix plusieurs siècles sous la domination des ducs de Savoie. Puis à la suite du Traité de Thonon qui attribua le district de Monthey au Valais en 1569, elle passa sous le joug, plus dur, du Haut-Valais.

Pendant tout ce temps la vallée, était dans une pauvreté parfois proche de la misère et avait beaucoup de peine à nourrir son monde, aussi devait-elle exporter la seule valeur qu’elle possédait, c’est-à-dire le courage des ses habitants. C’est pourquoi, durant des siècles, les jeunes durent s’enrôler dans les régiments valaisans au service des puissances étrangères et versèrent leur sang aux quatre coins de l’Europe.

 

la révolte du Bas-Valais

Quant à la commune, elle se sépara de Monthey en 1787 et constitua, depuis, une commune distincte. Troistorrents participa à la révolte du Bas-Valais déclenchée par le Gros Bellet contre la domination du Haut. Depuis 1815 il est égal en droits, depuis que le Valais fait officiellement partie de la Confédération.

Une dernière fois, les gens de Troistorrents versèrent leur sang en participant au Sonderbund, notamment au combat du Trient en 1844.

Vers la fin du 19° siècle, un grand nombre de familles ou de jeunes hommes, poussés par la pauvreté, émigrèrent vers le Nouveau Monde.
Actuellement, au contraire, la commune vit une époque prospère.

Au point de vue racial, la population a été constituée par les couches successives des Ligures, des Celtes, des Romains, des Burgondes et d’un peu de Sarrasins.

Des Celtes, les habitants de Troistorrents et de la vallée en général, ont hérité la vivacité de leur esprit, de leur gaîté naturelle et de leur goût pour la musique, le chant et la danse.
Des Romains, la langue ; le patois local est d’origine principalement latine.
Des Burgondes, les bourgeoisies.
Des Ligures et des Sarrasins, on retrouve souvent des traits de physio-nomie, et peut-être leur sens du commerce !.
Il est à noter que la vallée était autrefois réputée pour la vigueur et la beauté de ses habitants.

En conclusion, on peut dire que le mélange de toutes ces races a formé une population forte au caractère bien trempé et à l’esprit d’indépendance très marqué.

(source:M Défago)

 

Quelques faits

 

Troistorrents, Val-d'Illiez et Champéry, les trois communes de la Vallée d'Illiez, partagent la même histoire que le Chablais Valaisans. Néanmoins, notre village garde en mémoire quelques faits qui lui sont propres:

Les habitants de Troistorrents se nomment les "Chorgues", surnom venant de sorgho, céréale autrefois cultivée en abondance sur ses terres.

Une légende rapporte que dans la 1ère moitié su X siècle, les hommes de Troistorrents repoussèrent des envahisseurs sarrasins, aidés par les femmes qui les aveuglèrent avec de la cendre. L'endroit de cette bataille s'appelle "Crevo", situé prés du hameau de Cries qui était en ces temps-là le village principal. 

En 1620, Pierre II de Savoie envahit le Bas-Valais en pénétrant par le Pas-De-Morgins. A ce sujet, la tradition parle d'une escarmouche ayant fait de nombreuses victimes en un endroit nommé "La Croix". On y éleva plus tard la chapelle de Saint-André.

En 1505, la juridiction du fief de Chièzes sur Troistorrents fut contestée par le châtelain savoyard de Monthey au prince-abbé de St-Maurice. Une guerre failli éclater entre la Savoie et le Valais. 10 000 hommes se tenaient prêts à intervenir. Le Traité d'Ivrée en 1507, confirma l'abbé de St-Maurice dans ses droits.

Entre 1347 et 1629, nos habitants subirents les assauts de la peste qui gagna nos régions par vagues successives.

En 1787, la Diète valaisanne prononce le démantèlement de la châtellenie de Monthey. Dès cette date, Troistorrents possède désormais son propre châtelain.

(source:M Défago)

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