Les Fours à pain
Le four à pain de Collaire
Les petits hameaux entretenaient souvent un four en commun.C'est généralement un petit bâtiment placé entre les maisons et d'accès facile pour tous.
Il est souvent proche d'un cours d'eau ou d'une fontaine pour que l'on puisse y tremper la panosse (serpière) qui sert à nettoyer le four de ses dernières cendres après avoir enlevé les braises avec le racle.
Souvent utilisés, les fours s'usaient rapidement et devaient être refaits tous les 20 ou 30 ans. Le four de Collaire porte sur son fronton la date de 1852, mais les plus vieux documents le concernant remontent aux alentours de 1610. Il a été rénové en 1983 grâce à Ulysse Udriot, aujourd'hui décédé. Plusieurs famille en étaient propriétaires et détenaient des parts d'une valeur de 10 francs, mais aujourd'hui, seule la famille Udriot en est propriétaire.
On ne fait pas une fournée de pain sans gâteaux, en voici la raison
A la fin de la chauffe du four, au moment où l'on retire les braises, le four est trop chaud, on attend quelques minutes que la chaleur s'égalise et on peut alors enfourner les gâteaux. Ils peuvent servir d'indicateur de la température du four. En effet, s'ils brûlent,c'est que le four est trop chaud et que le pain risque de subir le même sort. Il faudra donc attendre quelques minutes encore avant de l' introduire. Si par contre les gâteaux mettent plus de vingt minutes à cuire, il faut réchauffer le four.
Le four à pain de Propéraz
Le four à pain de Propéraz,avec son toit en bardeau, a traversé le temps sans trop de dommage. Rénové à deux reprises, en 1663 et 1842, il est toujours propriété de plusieurs familles du lieu.
Plusieurs fois par an, les habitants du quartier le font revivre et cela depuis quelques années déjà.
A l'époque féodale, le four banal, à l'usage de tous,est pourtant le four du seigneur. Celui-ci y exerce ses droits. On appelle banalité les droits par lesquels le seigneur oblige ses sujets à utiliser, sous peine de ban (amende), ses fours, ses moulins, ses pressoirs, ses scieries, etc. . .
Chaque communauté disposait d’un four à pain, il était indispensable. Au 15ème siècle les droits seigneuriaux ont déjà bien évolué. Les fours du seigneur sont généralement affermés ou amodiés à un tiers ou à une communauté qui en perçoit les revenus et qui s’acquitte du fermage annuel.
Il est très réjouissant de constater que les populations citadines et rurales reprennent conscience de la valeur du patrimoine qui nous a été légué par nos ancêtres. Ainsi, après une longue période où bien des fours furent démolis pour des raisons d’amélioration foncières, ceux qui restent sont aujourd’hui restaurés. Mieux encore en certains endroits on désire faire revivre le four, ne serait ce qu’une fois l’an, à l’occasion de la fête du quartier, celle de la paroisse ou en toute autre occasion appropriée.
Le four à pain de la Tine
Le four à pain de la Tine est situé au sous-sol du chalet propriété de M.Lange. Ce n'est pas un four Banal de quartier, comme il en existe dans la commune,mais un four de boulanger datant de la construction de la maison en 1846 et restauré en 1992. Il existait d'autres fours de boulanger, notamment dans le bâtiment du Guillaume Tel et au village, l'épicerie G. Rouiller.
Les fours à pain peuvent être construits de plusieurs manières, et c'est le matériau utilisé pour la voûte qui permet de les classer en trois groupes : terre, pierre et brique. Celui de la Tine est en pierre (Molasse) comme beaucoup de fours de la région.
Sur le devant, on distingue l'avaloir permettant d'évacuer la fumer. Au fond du four, il y a deux "ouras", trous à vent ou soupiraux qui rejoignent la cheminée, ils assurent le tirage à l'intérieur du four.
L'ouverture des "ouras" se fait par des tirettes situées sur l'avaloir. Après un chauffage de trois heures, il faut 45 mn pour cuire huitante pains, le maximum que peut contenir ce four.




